« En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Mt 3 : 1,3)
La figure de Jean le Baptiste nous parle du besoin qu’il y ait toujours une préparation pour qu’un message important soit reçu correctement. C’est apprentissage de comment est l’Amour même avec celui dont il aime.
Dans le livre du Petit Prince, dans le merveilleux dialogue entre le renard el le petit prince, quand il explique ce qui arrive au milieu d’un vrai lien d’amour, il lui dit :
« – Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé.
– Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai à à être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites…”
Cette belle description de ce qui arrive deux êtres qui s’aiment, doit nous conduire à comprendre pourquoi il y a certains « rites » qui permettent qu’une relation devienne plus spéciale.
Si quelqu’un de vraiment important venait dans notre maison on l’arrangerait surement beaucoup et on préparerait un menu long temps à l’avance. Il faut du temps pour préparer un bon repas pour quelqu’un que l’on aime, en sachant les goûts de celui à qui on va offrir ce repas.
Cependant, le repas fait en vitesse peut finir par provoquer une douleur d’estomac et même être le signe de ne pas donner de l’importance à celui qui le reçoit. Aujourd’hui plus que jamais la nourriture rapide et sans beaucoup de préparation abonde, qu’il a été pris le nom de « malbouffe » ce qui est totalement le contraire de nourriture spécial.
C’est pour cela que toute relation d’amour que l’on considère « spéciale » aura « ses rites » qui font que notre cœur se mette en marche pour donner à cette personne toute la valeur qu’elle mérite.
Demandons-nous :
- Ma relation avec Jésus est-elle vraiment spéciale ? De quelle façon ou quels sont les « rites » que j’utilise pour que mon cœur soit purifié pour le recevoir dans ce Carême ?
- Je donne de la valeur à ce temps de préparation pour la Semaine Sainte et je dédie ce temps à réfléchir et changer ? Ou bien je suis de ceux qui pensent que la Semaine Sainte est l’occasion d’avoir du congé et partir à la mer ?
- Est-ce que je vis les « rites » de la Carême comme une partie d’une relation d’amour avec Jésus ou bien ils font partie d’une froide habitude qui ne me procure pas de la joie, comme nous l’explique l’anecdote ?
Compromis :
Aujourd’hui je prendrais un temps pour parler avec Jésus, comme pour un ami, je lui montrerais les « rites » de préparations que je réaliserais durant ces quarante jours, ne cherchant pas que des actes externes mais des changements internes et profonds.